Rousseloy

La commune était jadis divisée en plusieurs hameaux : le val de Flandre et Rousseloy. Le nom du village rappelle les nombreux rus et sources qui s’y trouvent.

Au Moyen-Age, Rousseloy était au cœur d’un vignoble, sur la route qui reliait directement Paris à Boulogne. En témoignent encore aujourd’hui, les attelages de la Course du Poisson qui a lieu régulièrement en empruntant ce trajet qui était autrefois celui de la Poste à cheval.

Rousseloy abrite plusieurs carrières de pierre, très anciennes. Ces sites d’extraction ont fourni de la pierre dite de vergelé ainsi que du banc royal (qualité de roches calcaires typique de notre territoire) employée dans la construction des bâtiments environnants. Cette pierre réputée d’excellente qualité permit aussi la construction de l’Hôtel de ville de Beauvais.

Certaines carrières furent transformées en champignonnières dans la première partie du XXe siècle. Celles-ci exploitées par différentes familles ont définitivement fermées leurs portes en 1998.

L’église Saint-Martin datant des XIIe et XVIIe siècles est composée de deux chapelles accolées. Sa cloche est certainement la plus ancienne de la région. Tout en pierre, l’église abrite des fonts baptismaux classés Monuments Historiques.

carte postale Rousseloy

La pierre des carrières de Rousseloy était principalement extraite dans des carrières souterraines dont la hauteur d’exploitation était de 4 à 5 mètres. L’église de Rousseloy, une église ainsi que l’Hôtel de ville de Beauvais et le château de Clermont ont été bâtis avec la pierre du village. De nombreux textes du XVIIIe siècle mentionnent son excellente qualité.
Anecdote concernant une carrière souterraine du village :
Lors de la Seconde Guerre mondiale, les allemands réquisitionnèrent une carrière souterraine exploitée pour la culture des champignons de Paris. Ils y installèrent un énorme dépôt de matériel et notamment des pièces de rechange pour bicyclettes. A la Libération, en 1944, ils ont fait exploser l’entrée du souterrain lors de leur départ de la carrière afin de condamner ce qu’ils ne pouvaient pas emporter. Afin de pouvoir y reprendre la culture des champignons, il fut alors nécessaire de déblayer l’important éboulis de pierres. Nombreux ont été ceux qui sont venus alors se servir pour remettre leur vélo à neuf ! Depuis, un grand trou dans le ciel de l’entrée de la carrière est encore visible.

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A Rousseloy plusieurs fermes existaient dont la ferme de Folemprise qui a appartenu, pendant une bonne partie du XXe siècle, à un champignonniste qui cultivait des champignons dans une carrière souterraine du village. Il utilisait cette ferme pour y élever des chevaux afin d’avoir du fumier destiné à la champignonnière. La ferme a aujourd’hui été transformée en faisanderie.
Des pâtures attenantes à une autre petite ferme dans le village sont devenues des terrains à bâtir.
Le village comptait également un café où les villageois(es) jouaient à la belotte et partageaient un verre avec les salarié(es) de la champignonnière. Pendant la journée de travail, il n’était pas rare que certains d’entre eux descendent vite fait au café chercher un litron !

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Au début du XIXe siècle, les séances du conseil municipal avaient lieu dans cette habitation troglodytique qui servait anciennement à loger le maître d’école de la paroisse. On peut lire dans un compte-rendu de conseil datant du 30 janvier 1825 que « dans la maison d’école qui a toujours subsisté depuis un temps immémorial, et est une carrière sous l’église, très mal dirigée. ». A cette époque, la portion extérieure de la maison était protégée par un bâti recouvert de chaume et elle était éclairée par une fenêtre à huit carreaux.
Ensuite, lorsque la mairie-école fut enfin construite, cette excavation redevint un lieu d’habitation. L’homme qui habitait dans cette habitation troglodytique partait à vélo jusqu’à Cires-lès-Mello pour faire ses courses et ramenait également les courses d’une personne âgée du village. Il portait toujours un béret, des lunettes double-foyers et une roulée à la lèvre. Un autre homme vivait dans une seconde habitation troglodytique sous la ferme Folemprise. Le tuyau du poêle qui permettait de chauffer l’excavation dépasse dans le bois, mais la cavité est désormais bouchée.

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Au début du XIXe siècle, l’entretien des rues et des chemins de Rousseloy était entièrement à la charge des habitants. La commune avait alors recours à des corvées générales dont le fonctionnement était délibéré en Conseil. La principale route permettant de relier Mouy à Clermont était empierrée. Le Préfet fixait lui-même le contingent de voitures à pierre à fournir par la commune.

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A propos des constructions traditionnelles que l’on trouvait dans le canton de Creil au milieu du XIXe siècle, Louis Graves, chef de division à la préfecture de l’Oise puis secrétaire général, écrit : « Dans les communes, la maçonnerie sèche en moellon prédomine mais il n’y a pas de commune ou de hameau où l’on ne trouve au moins quelques maisons en pierre de taille. Ces constructions solides donneraient au pays une physionomie entièrement différente des cantons septentrionaux du département si l’usage encore très étendu des toits de chaume ne rappelait le voisinage de l’ancienne Picardie.»
D’ailleurs, la municipalité veillait couramment au risque d’incendies de ses maisons faites d’un assemblage de bois, de pierre, de torchis et de chaume. Des tournées étaient alors organisées afin de contrôler l’état des fours, des cheminées et des lanternes de toute la commune.

carte postale Rousseloy droits réservés
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Texte commun aux trois photos :

Sur cet ensemble de photos, nous pouvons apercevoir des constructions de même facture bâties à la même période, à la fin XIXe et début XXe siècle. A proximité, il existait un lavoir, maintenant disparu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’une de ces maisons servit de bureau à la Kommandantur. Une petite bâtisse adjacente servait alors de prison.

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La situation géographique de l’église Saint-Martin est assez pittoresque. On y accède par une petite route étroite et très escarpée. C’est en l’empruntant que l’on peut également se rendre à l’école et la mairie qui se situent à mi-chemin.
Le cimetière entoure toujours l’église qui a été bâtie le XIIe et XVIIe siècles.
Elle est composée d’un chœur-halle gothique avec plusieurs éléments rappelant le style roman (travées, chapiteaux et cuve baptismale). Elle possède un clocher également roman dont la flèche était autrefois en pierre. La cloche de 1501 est vraisemblablement la plus ancienne de la région.
Le 19 septembre 1819, le Conseil municipal décida de faire détruire la nef de l’église déjà presque en ruine et d’en vendre les matériaux pour pouvoir réparer le chœur de l’édifice.
L’église a été classée Monument Historique par arrêté du 3 mai 1927.